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 I found Wonderland...

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Hannele Strömblad
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MessageSujet: I found Wonderland...   Mar 8 Nov 2016 - 19:03


Quand j'étais petite,j'adorais lire "Alice in Wonderland". Pour moi, cette histoire était le reflet même des fictions que je pouvais m'inventer dans ma tête: je tombais dans un autre monde, rencontrais des personnages un peu bizarres mais très gentils qui m'invitaient à leur tenir compagnie, à prendre le thé, à découvrir leur univers. Mais contrairement à Alice, je refusais de rentrer. Ou si, je voulais rentrer pour mieux revenir avec Agnès. Et après ça, nous serions restées  dans ce monde parfait toutes les deux, à nous gaver de cupcakes et à jouer toute la journée.
Si on m'avait dit à cette époque que mon pays des merveilles se trouvait à des heures d'avion, bien caché dans un pays lointain, je n'en aurais pas cru un mot. Et pourtant...


Ca va faire environ trois ans que je vis au Japon avec maman. Le temps passe vite, au début je comptais presque les semaines...A croire que malgré tout ce qui est arrivé par le passé, je reste attachée à ma Suède natale.
Me voilà donc sur le point d'être diplomée du collège...dire qu'à mon arrivée dans ce bahut, j'étais sure d'y passer des années avant de voir enfin l'ombre de mon diplôme, il faut croire que j'ai eu beaucoup de chance! Tout est allé si vite,j'ai du mal à imaginer que je vais bientôt ranger mon uniforme au placard. Moi qui l'aimais tant! "Il te donne l'air d'une lady" m'avait complimentée maman lorsqu'elle m'avait vue avec la première fois... Aaah, ça y est,je me sens nostalgique! J'ai l'impression que tout est passé trop vite et je me surprends à souhaiter rejouer ses trois ans...


Maintenant que j'y repense, il m'est vraiment arrivé des trucs géniaux pendant le collège...j'ai vu pleins de choses -le voyage à Kyôto en septembre était tellement bien!- et fais tant de rencontres...
Déjà j'ai pu profiter de maman -de son vrai nom Anita-. Maman était souvent absente ou très prise par son travail de styliste quand j'étais petite, à tel point que j'étais persuadée qu'elle ne m'aimait pas ou qu'elle ne s'intéressait pas à ma personne. J'étais égoïste à cette époque, comme beaucoup d'enfants. J'ai compris en vivant seule avec elle qu'elle se démenait à ce point pour elle mais aussi pour que toute sa famille soit fière d'elle et qu'elle puisse lui venir en aide. Et surtout que son travail ne passait pas devant sa famille. Si plus jeune j'en étais persuadée, de nombreux événements survenus durant ma première année au collège m'ont prouvé le contraire. Surtout le jour où je suis tombée dans les escaliers en faisant la folle dans les couloirs -une mauvaise habitude-. Je ne m'étais rien cassé, juste foulé le poignet en tentant de me rattraper à la rampe mais Kumamoto-sensei -mon professeur principal à l'époque- avait jugé bon d'avertir ma mère. Persuadée qu'elle ne daignerait pas venir, je m'imaginais déjà attendre pendant une heure avant de rentrer seule chez moi lorsque maman a déboulé, en nage, essoufflée et toute en désordre. Une première pour moi qui l'avait toujours vu coquette, apprêtée et calme! Elle avait été tant inquiétée par le coup de fil de l'école, craignant que je ne me sois gravement blessée en tombant qu'elle avait ni une, ni deux quitté son travail, prit le premier métro qui passait et était venue jusqu'ici en courant. J'étais soufflée. Et de la voir aussi inquiète, et de voir mes convictions sur son prétendu désintérêt soufflées en un instant.
Depuis ce jour là,j'ai tenté de me montrer plus ouverte, plus compréhensive et, débarrassée de cette colère que je lui vouais malgré moi, j'appris à l'apprécier et passais de plus en plus de bons moments avec elle. Nous fêtions chaque événement -anniversaire, promotion, fin de projet, bonnes notes- comme il se devait, sans oublier Noël avec papa. Pour cette occasion, nous rentrions en Suède pendant une semaine et retrouvions tous nos proches pour fêter correctement cette grande fête!


En parlant de papa -Jonathan-, lui aussi a bien changé entre mon départ et aujourd'hui! Je t'avais déjà écrit que j'avais du mal à le comprendre et qu'il était parfois vraiment difficile avec ses sermons à chaque bêtise faite! Combien n'en ai-je pas écouté durant toute mon enfance, assise en face de lui, tentant de paraître la plus contrite possible -une tâche facile vu qu'il avait le don de me faire culpabiliser, même pour une petite bêtise- pour obtenir son pardon?! Parfois,j'en avais marre d'être la fille d'un pasteur, devant toujours être droite,intègre, paraître modeste, humble, généreuse...j'avais l'impression de ne pas être moi! J'avais l'impression que papa voulait faire de moi une sainte alors que je me savais incapable d'égaler Jeanne d'Arc ou la Vierge Marie! Et puis, dans un sens, je le tenais responsable de ce qui était arrivé à Agnès. Si il n'avait pas été pasteur, Agnès n'aurait jamais tenté de lui ressembler et de faire de l'école son église à elle! Si il avait été plus intéressé par sa fille que par ses prêches, il aurait pu tout arrêter, surtout avec sa réputation dans le coin.
Puis, avec la distance et le recul,j'ai appris à le pardonner. Certes il n'était pas parfait mais je lui en avais fait voir des belles l'année où nous étions tous les deux aussi! Quand j'y repense, j'étais vraiment une sale gamine!
Au début,on s'écrivait juste un peu, des banalités quoi! Puis au final, au bout de deux mois, on s'envoyait régulièrement des pavés en se racontant nos vies, les nouvelles de chacun. Je lui parlais de maman, de mes projets, de mes copines et lui me racontait comment mon petit village évoluait. Je me suis rendue compte qu'il était vraiment cultivé et très drôle derrière ses airs austères mais aussi un peu papa-poule, à sans cesse me poser des questions sur mes amies, s'inquiétant de me savoir attirée par un garçon -même quand ce n'était pas le cas!- ou en bonne santé. Résultat, notre relation s'est grandement améliorée et c'était toujours un plaisir de le retrouver pendant les vacances d'été et en fin d'année!


Après j'ai rencontré une multitude de gens vraiment sympa au collège, alors que j'étais sure ne pas m'y plaire et de rester trois ans dans mon coin. D'ailleurs, c'était mon intention en entrant en première année. Assise au fond -j'avais tiré le numéro 10, dernier rang près de la fenêtre- ne connaissant personne, je tentais de m'évader en regardant par la fenêtre, en priant pour que personne n'occupe la place libre près de moi. Lorsqu'une fille est arrivée pour me demander timidement si c'était bien ici, la 11. Voilà comment je pourrais résumer ma rencontre avec Mizuki Kana -ou Kana-chan-, à une histoire de place. Elle était tellement intimidée qu'au final, c'est moi qui ai joué la fille sociable avec elle alors que j'étais morte de trouille! Elle m'a donc en une journée résumé toute sa vie, m'expliquant qu'elle était de Sapporo et qu'elle venait d’emménager à Tôkyô dans le quartier de Ikebukuro et que, de fait,elle ne connaissait absolument personne. A mon tour je lui racontais mon histoire, elle se montra curieuse, voulant en savoir plus, toujours plus sur ma vie en Suède, ma famille, si j'aimais la vie au Japon bref! Une vraie pipelette une fois à l'aise!
C'est ça qui me plaisait chez elle: son côté exubérant et sa facilité à se faire des amies, à tel point qu'en deux semaines, nous formions un joyeux groupe d'amies composé de Chihiro, Akiko, Mariko et Yuri. Toutes les quatre, natives de Tôkyô, étaient le genre de fille à tout connaître,toutes les bonnes adresses, les magasins où il fallait aller pendant les soldes, les librairies, les cafés bref! De vraies citadines! Surtout Yuri! Toujours à la dernière mode,vivant à Shibuya, un quartier très chic de la capitale, elle était pour moi la représentation parfaite de ce que j'imaginais quand on me parlait des filles de la ville. Elle était en plus très loin d'être bête malgré sa passion pour le maquillage qui lui collait souvent sur le front l'étiquette de "bimbo". Chihiro et Akiko, amies d'enfance, vivaient vers Akihabara et étaient plus portées sur la culture pop de leur pays, sans cesse à l’affût des derniers mangas et exposant même au Comiket! De vraies artistes, je jalousais leur talent! Quant à Mariko, elle était un peu "rat de bibliothèque", toujours le nez fourré dans un livre, toujours première en classe sans jamais se montrer avare en conseils. Combien de fois s'est-elle acharnée -et avec le sourire!- à m'expliquer les maths?! Parfois, je me demandais comment elle pouvait en savoir autant, sachant qu'elle n'était jamais contre une sortie après les cours! Puis un jour, elle m'a expliqué qu'elle se couchait toujours vers une ou deux heures du matin pour tout bien revoir et terminer ses devoirs pour ensuite se lever à six heures afin de préparer les leçons du jour. J'ai beaucoup de respect pour elle!
Avec Kana, nous étions inséparables. Toujours fourrées ensembles à faire nos devoirs, des sorties, nous avions tendance à nous exclure malgré nous de notre groupe de par notre grande affection. A tel point que nos amies nous nommaient "les jeunes mariées". J'aurai bien voulu qu'on aille jusque là...mais au final, ça ne s'est pas fait. Tant pis pour moi. Encore aujourd'hui, je suis très proche de Kana et ça me suffit largement! Je crois qu'elle veut qu'on aille au karaoké demain, après la remise des diplômes, histoire de fêter tout ça! Ce sera notre dernière sortie avant que je rentre en pension, je vais tenter d'en faire un souvenir inoubliable!


La véritable histoire commence demain!

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MessageSujet: Re: I found Wonderland...   Sam 12 Nov 2016 - 17:12


J'aime ces photos de toi, Agnès. C'est maman qui les a toutes assemblées un jour, désirant pouvoir toutes les regarder dans un même cadre. Elle a de ses idées parfois! Pas étonnant qu'on te trouvait plus de ressemblances avec notre père et qu'on te voyait bien devenir la future pasteure de notre église. Tu étais parfaite pour tenir ce rôle, storasyster. Droite, correcte, modeste et généreuse, tu aurais surement fait la meilleure pasteure de la famille, bien plus que moi.

Je suis désolée de ne pas avoir tout arrêter à temps.

Te connaissant, tu me dirais "voyons liten blomma, c'est rien! C'est pas ta faute!". Comme à chaque fois que je faisais une bêtise qui te mettait dans l'embarras. Comme à chaque fois que je me sentais coupable, c'était ta façon de me rassurer. Sauf que cette fois, il n'y a pour moi aucune rédemption possible...
Liten blomma...."petite fleur", tu aimais m'appeler comme ça à cause de mon habitude à mettre des fleurs dans mes cheveux. Ça énervait notre père d'ailleurs, il trouvait que ça faisait négligé. Alors tu n'en mettais jamais dans tes coiffures, même si tu en avais terriblement envie et tu te contentais d'embellir mes propres cheveux des fleurs qui te plaisait. Depuis je n'ai plus jamais cessé ce petit rituel. Chaque fleur qui me plaît, chaque fleur qui me rappelle ta joie de vivre, ton sourire, ta patience...toutes celles là finissent dans ma tresse, comme pour te garder physiquement près de moi. A défaut de t'avoir près de moi.
Ca amuse beaucoup mes camarades de classe et mes professeurs d'ailleurs, même si je tente de rester assez sobre pour aller en cours.
On peut dire que je suis un jardin ambulant, ton jardin.

Voilà quelques jours que j'ai reçu mon diplôme. Eh oui, ta petite soeur a été diplômée! Incroyable non?! Moi même, je n'en suis pas revenue lorsque je suis montée sur l'estrade du gymnase, face au principal qui me remettait mon certificat en me félicitant!
Après ça, j'ai fait un karaoké avec mes copines de classe -Kana, Yuri, Chihiro, Akiko et Mariko-, on a chanté à tue-tête "Drop pop candy" toutes les six, une chanson que j'aime particulièrement et qui me donne vraiment la pêche quand la vie me fait des crasses. Puis j'ai fêté avec maman et papa -venu pour l'occasion de Suède- la fin de mes études de premier cycle et le début de ma vie de lycéenne. J'étais vraiment heureuse. Je crois. Peut être un peu anxieuse à l'idée d'entrer bientôt au lycée, de quitter mes amies et de devoir me faire à un tout autre environnement?

Jag är ledsen, que tu ne puisses pas vivre ce que je vis.

J'essaye de ne plus culpabiliser. Du moins, j'essaye de suivre les conseils de la psy que je voyais après ta mort. Elle m'avait dit que je n'y étais pour rien et que je ne devais pas m'en vouloir. Mais c'est très dur de ne pas y penser, de ne pas penser à tout ce que j'aurais pu faire pour te sauver. Chaque jour, avant de m'endormir, je me refais toute cette période en imaginant les différents choix que j'aurai du faire pour éviter cette tragédie. J'aurai du te défendre, ne pas prendre peur, ne pas fuir, ne pas faire semblant de ne rien voir, ne pas continuer de vivre comme si de rien n'était...  Même si c'est inutile. Je ne peux plus revenir en arrière, qu'importe à quel point je le désire, qu'importe le nombre de fois où je me repends. Je ne peux pas te faire revenir.

C'est pour ça que je dois vivre.

Pour que tu puisses vivre à travers mes yeux. Pour que, par delà les nuages, tu puisses découvrir ce que je découvre, voir ce que je vois, entendre ce que j'entends. C'est la moindre des choses que je puisse faire. Pour que tu sois heureuse. Pour que tu sois comblée. Pour toi, ma tendre soeur. Les rôles se sont inversés au final: plus jeune, je voulais sans cesse te suivre partout, voir ce que tu voyais, faire comme mon modèle. Une vraie pot de colle! Toi, ça te faisais rire, même si ça devait t'ennuyer d'avoir à te trimbaler ta soeur avec tes amies. Maintenant, c'est à moi de te montrer la beauté de ce monde que tu n'as pas pu connaître suffisamment. Et plus tard, lorsque je viendrai te rejoindre, tu pourras me montrer l'étendue de la beauté du ciel. Tu seras le plus bel ange à mes yeux. Tu seras mon guide, ma lumière, ma soeur chérie. Je suis sure que les autres doivent avoir du mal à mesurer l'étendue de ta gentillesse, j'espère au moins que tu es heureuse tout là haut. Et que tu m'entends, moi qui suis si bas, si loin...

Agnès, laisse moi te montrer Matsue. Mon pays des merveilles. Notre Wonderland.  

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